26.10.2007

La course, c'est du passé

Le Tour de Lombardie me semble déjà très loin. Le lendemain, je participais à la Roue d’Or de Marquette derrière Burdin et en début de semaine, j’étais à Paris comme invité à la Rencontre Internationale contre le dopage dans le cyclisme. Je n'étais déjà plus coureur. Au siège du Comité National Olympique du Sport Français, il y avait beaucoup de gens, de spécialistes qui ont exprimé leur points de vue. Je suis moi-même intervenu. Je n’ai pas pu assister à tous les discours mais j’étais présent pour la rédaction d’un communiqué de presse.

En peu de temps, j’ai pu m’apercevoir que si tout le monde souhaitait lutter contre le dopage, tout le monde n’était pas toujours sur la même longueur d’ondes. Par exemple, les directeurs sportifs me disent que je serais contre le passeport biologique alors que l’association espagnole me dit que je suis trop pour ! Dans l’histoire, je suis complètement neutre. À entendre les discussions, j’ai eu l’impression que rien n’a été fait en matière de lutte anti-dopage. Il y a une volonté des autorités de mettre en place rapidement un logiciel pour suivre les déplacements des coureurs mais, moi, je remplis des formulaires depuis quatre ans pour informer de mes déplacements.

Le passeport biologique consiste en six prélèvements. Ce serait une parade hyper-fiable par rapport aux manipulations pas encore détectables. Il serait testé en 2008, ne ferait pas l’objet de sanctions mais seraient appliqués des «no start», des interdictions de départ. Il faut voir sur un plan juridique comment cela peut se passer. Cela peut créer des polémiques et il me semblerait plus clair que l’on annonce des contrôles négatifs ou positifs. Je prends de nouvelles fonctions et elles passent par des consultations avec les représentants des coureurs, les délégations nationales. D’ailleurs, je vais profiter des Six-Jours de Milan pour discuter avec les Italiens. Je passe de longues heures au téléphone à consulter les étrangers. J’ai besoin d’un support, d’une base solide pour commencer à travailler.

Il faut que je respecte les choix des uns et des autres. Il y a pas mal de divergences. Les coureurs s’aperçoivent que ce sont encore les instances et les organisateurs qui imposent leurs vues. Les coureurs ne sont toujours pas consultés pour prendre des décisions. Ce passeport leur semble comme une contrainte de plus. Ce qui apparaît clairement c’est que le passeport biologique, on ne peut que l’accepter si demain il permet d’améliorer la crédibilité du vélo.

Je m’aperçois que ma carrière de coureur est terminée depuis quelques jours. La course, c’est déjà du passé. Mes adieux vont avoir lieu à Stenvoorde, dimanche. Près de 180 coureurs sont attendus l’après-midi. Et la fête donnée le soir devrait être très sympa. J’ai été invité dans la semaine au premier stage de l’équipe Quick Step-Innergetic 2008, à Knokke. Cela me fait quelque chose de voir mon équipe déjà tournée vers la prochaine saison... sans moi.

Cédric vous raconte ses vacances dans le blog Les Vacances, ça sert à quoi ?

18:35 Publié dans CPA | Lien permanent | Commentaires (13) | Envoyer cette note

20.10.2007

Cette fois, c’est la dernière

Le Tour de Lombardie est ma dernière course. Je n’ai pas de nostalgie. Une équipe de France 3 m’accompagne depuis hier matin, vendredi, jusqu’à ce soir samedi, pour filmer ma fin de carrière. Je dois en faire l’aveu, je n’ai pas envie d’arrêter mais comme j’ai annoncé ma fin de carrière depuis longtemps, il faut bien qu’il y ait une dernière course à tout cela. De toutes façons, je ne veux pas me retrouver dans la peau d’un coureur qui prolonge sa carrière sans cesse.

Je suis content de terminer ma carrière sur une grande course comme le Tour de Lombardie. Ce n’est pas la plus facile mais j’aime bien cette course. J’y ai mes repères. Je l’ai terminée sixième en 2003 et, quatre ans plus tard, je ne me sens pas plus vieux. Mon objectif avoué est de me montrer une dernière fois dans une échappée par exemple. Voir d’accompagner si possible Bettini le plus loin possible. Comme l’an dernier quand il avait gagné. Il me semble que les favoris sont faciles à identifier : Wegmamn, qui a terminé deuxième l’an passé, Rebellin, Franck Schleck, Cunego, etc.

Et puis il y a aussi Cadel Evans. Au départ, il devait tenter de renverser le classement du Pro Tour aux dépens de Di Luca mais celui-ci est suspendu et ne court pas. Evans est au départ du Tour de Lombardie dans la peau du leader du Classement du Pro Tour. Je pense qu’il va se contenter de marquer ses suivants, comme Valverde et Rebellin, afin d'assurer sa victoire définitivement. Ce n’est pas plus mal. Les occasions de s’échapper seront augmentées. Je vais essayer d’en profiter.

Vendredi après-midi, j'ai été élu à l'unanimité à Côme comme nouveau président du Conseil des Coureurs Professionnels. Je remplace Francesco Moser. Mais permettez-moi d'en faire abstraction quelques heures encore. Aujourd'hui, je suis encore coureur et j'ai le Tour de Lombardie en tête.

19:45 Publié dans Tour de Lombardie | Lien permanent | Commentaires (7) | Envoyer cette note

16.10.2007

Mes adieux en France et en Belgique

Paris-Tours a été ma course d’adieux en France. J’avais des ambitions comme l’équipe mais Quick Step n’a pas gagné Paris-Tours. On avait amené De Jongh et Steegmans dans les meilleures conditions avenue de Grammont. Après, je ne pouvais plus rien faire. Le sprint a été brouillon. Ca débordait de partout. C’était un peu dangereux pour moi. Steegmans s’est fait enfermer, il a terminé douzième. De Jongh a fait mieux, mais s’est classé quatrième.

Pour résumer ma dernière course en France, je dirais que le début ne s’est pas trop bien passé non plus pour nous. Dans une première échappée, on n’avait que Kevin Hulsmans. C’était un peu juste. On a hésité à rouler. C’est Prédictor qui a donné le signal. Un regroupement a eu lieu mais 80 coureurs pouvaient déjà récupérer les valises. Je me glisse ensuite dans le contre avec Rosseler mais il y a beaucoup trop de CSC dont Cancellara, plus Gilbert, etc. Je comptais sur une échappée comme celle-là pour faire quelque chose mais on ne pouvait pas collaborer. Ma chance de bien figurer passait. C’est encore revenu.

L’échappée de Boucher, Quinziato et Pauwels a permis ensuite une course d’attente du peloton. C’est le Crédit Agricole qui s’est mis à rouler quand les sept minutes ont été dépassées. Cretskens s’est mis également à rouler pour nous. Puis un Milram, puis un Lampre. Ensuite le peloton est revenu comme un rouleau compresseur. Je me doutais que Gilbert bougerait dans le final. J’étais en dix-douzième position quand il a attaqué dans la côte de l’Epan. Mais je n’ai pas pu suivre, ça allait trop vite pour moi. J’avais auparavant un peu roulé dans la poursuite mais rouler un peu dans Paris-Tours, cela entame quand même le potentiel. Finalement c’est un sprint qui désigna le vainqueur. Et le résultat n’a donc pas été à la hauteur de nos espérances.

Après mes adieux en France dimanche, j’ai fait mes adieux en Belgique aujourd’hui mardi à Putte-Kapellen. C’est une vraie kermesse qui clôt le calendrier belge même si elle est inscrite au calendrier continental. C’est une course que je n’avais jamais faite et que je voulais disputer au moins une fois. Elle se déroule à 150 kilomètres de chez moi. Il y avait beaucoup de spectateurs pour une épreuve inhabituelle. Le parcours est tracé à cheval de part et d’autre des frontières belge et néerlandaise. C’est effectivement une course à ne pas manquer. Elle s’est disputée à 45 de moyenne.

Sept coureurs ont fini par se détacher. Hulsmans, de chez nous, fait cinq et Weylandt gagne le sprint du peloton pour la huitième place. Je finis 81e. Ce n’était pas une course pour moi, mais j’ai effectué à l’occasion ma grande sortie de la semaine. Il en fallait une afin de disputer dans de bonnes conditions le Tour de Lombardie samedi. Mon entraînement n’est d’ailleurs pas terminé. Je vais rouler encore deux heures mercredi et jeudi mais plus tranquillement.

Je partirai en Italie, à Côme, jeudi soir. L’assemblée du CPA, le Conseil des Professionnels Associés, se réunit la veille du Tour de Lombardie. On y décidera de la succession de Francesco Moser. Cette mission m’intéresse. J’ai envie de défendre les intérêts des coureurs. À l’occasion de mes derniers courses, beaucoup de coureurs sont venus me parler. J’ai des idées et il intéresse beaucoup d’entre-eux que je les représente. C’est une vaste mission. On en reparlera.

21:45 Publié dans Paris-Tours | Lien permanent | Commentaires (1) | Envoyer cette note